Le Canada admet qu’il ne peut en évaluer l’impact sur les agriculteurs

Décembre 4, 2006

Lundi 4 décembre, Ottawa – Le vendredi 1er décembre à Winnipeg, un représentant d’Agriculture et Agroalimentaire Canada a admis que le ministère n’a aucun moyen d’évaluer l’impact social et économique des semences Terminator – génétiquement modifiées pour être stériles après la première récolte – avant leur introduction au pays.

S’adressant aux participants d’une réunion du secteur semencier, Andrea Johnston, analyste des politiques d’Agriculture Canada, a révélé que le gouvernement canadien ne dispose d’aucun mécanisme pour évaluer l’impact des semences Terminator sur les agriculteurs canadiens. Mme Johnston déclare que le gouvernement laisse au marché le soin de faire cette évaluation, répétant « C’est la façon actuelle de procéder. »

À la rencontre de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, en mars 2006, le gouvernement canadien a joint le consensus mondial qui réaffirme et renforce une décision perçue par la plupart des pays comme un moratoire sur les semences Terminator. Selon le libellé du moratoire, on recommande de ne pas songer à la possibilité de commercialiser Terminator tant que les États n’ont pas pleinement évalué son impact sur le plan économique et social.

« Il est aussi absurde qu’irresponsable de confier au marché l’évaluation de l’impact exercé par Terminator sur les agriculteurs! Cela laisse les agriculteurs à la merci de n’importe quelle firme semencière désireuse d’affermir son emprise sur le marché, fulmine Colleen Ross, présidente de la section des femmes du Syndicat national des cultivateurs. Ce gouvernement n’a pas encore entendu ce que les agriculteurs canadiens ont à dire sur Terminator, ajoute-t-elle. La fertilité et la germination sont des éléments intrinsèques de l’agriculture et de la survie. »

« Maintenant encore, le gouvernement canadien va à contre-courant du moratoire mondial, selon Lucy Sharratt, coordonnatrice du Réseau canadien d’action sur les biotechnologies. Il ne saisit manifestement pas l’ampleur de l’opposition mondiale contre Terminator et la volonté politique actuelle que dénote ce moratoire, partout dans le monde. »

Cette révélation survient quelques jours avant l’audience sur la technologie Terminator que tiendra le comité permanent de la Chambre des communes sur l’agriculture et l’agroalimentaire, le jeudi 7 décembre.

Campagne canadienne

Pour plus d’information : Lucy Sharratt, coordonnatrice, Réseau canadien d’action sur les biotechnologies, info@cban.ca 613 241 2267