Réaction de Monsanto
Février 23, 2006
1) Réaction de Monsanto
2) Lettre de suivi de la campagne Interdire Terminator
1) Monsanto déclare ne pas prévoir la commercialisation de Terminator
Mercredi 22 février 2006
En réponse aux médias (à la suite d’allégations non fondées sur la commercialisation possible de la technologie de stérilisation des semences), Monsanto-Royaume-Uni a émis la déclaration suivante : « Cette technologie doit encore faire l’objet de recherches, comme c’était le cas en 1999, et nous ne participons toujours pas à ces recherches; sa commercialisation ne fait pas non plus partie de nos projets… À la page 29 de notre 2005 Pledge Report, nous réitérons l’engagement de 1999 de ne pas commercialiser les technologies de stérilisation des semences pour les cultures alimentaires, précisant que « cette position [sera réévaluée] au fur et à mesure des progrès de la technologie. »
CETTE POSITION N’EST PAS NOUVELLE, PUISQUE NOUS DISIONS DÉJÀ DANS LA LETTRE OUVERTE DE 1999 : « Nous n’investissons pas pour le moment dans le développement de ces technologies, mais nous n’écartons pas la possibilité de les développer et de les utiliser à des fins de protection génétique ou pour leurs avantages agronomiques éventuels. »
Tony Combes, directeur des affaires de la société au Royaume-Uni, ajoute : « Nous n’avons PAS changé de politique et c’est une absurdité d’insinuer que les agriculteurs des pays en développement ne peuvent pas se fier à nous.
Ils ont été plus de 8 millions à le faire l’an dernier, avec d’autres sociétés de biotechnologie, et leur nombre augmente d’année en année, au fur et à mesure que des millions de producteurs dans les pays en développement réalisent les avantages environnementaux, économiques et personnels de cette technologie accessible aux petites exploitations agricoles.
Si vous ne plantez pas de semences GM, il n’y a rien à payer pour la technologie. Ce n’est que foutaises et balivernes d’insinuer le contraire. »
Copyright 2006 Monsanto Company
2) Demande de clarification sur l’utilisation de Terminator pour les cultures non alimentaires
Mercredi 22 février 2006
Monsieur,
Je vous écris au nom de la campagne Interdire Terminator, appuyée par plus de 370 organisations dans le monde, pour vous demander de clarifier la nouvelle position de Monsanto sur la technologie Terminator, notamment en ce qui a trait à son développement et à sa commercialisation pour les cultures non alimentaires.
Dans un communiqué de presse émis le 22 février 2006, citant la page 29 du Pledge Report 2005 de Monsanto, vous déclarez : « Nous réitérons l’engagement pris en 1999 de ne pas commercialiser les technologies de stérilisation des semences pour les cultures alimentaires ». L’engagement public de 1999, énoncé dans une lettre ouverte au président de l’époque de la Rockefeller Foundation, n’était cependant pas limité aux « cultures alimentaires ». Cet ajout nous semble une modification importante de l’engagement de Monsanto.
J’apprécierais beaucoup une clarification de votre part : l’engagement de Monsanto de ne pas commercialiser les technologies de stérilisation des semences s’étend-il à l’ensemble des cultures, ou est-il limité aux seules « cultures alimentaires »?
Si l’engagement de Monsanto de ne pas commercialiser Terminator exclut désormais les cultures non alimentaires, pourriez-vous aussi m’expliquer ce qui motive un tel changement et préciser les parties concernées ayant été consultées et ayant participé au processus menant à cette décision?
J’apprécierais une autre clarification : Monsanto mène-t-elle actuellement des travaux sur les traits relatifs à la stérilité pour le coton, les graminées, les arbres, le lin ou d’autres cultures non alimentaires?
Dans votre déclaration, vous ajoutez au sujet des travaux en cours sur la technologie Terminator « … nous ne participons toujours pas à ces recherches ». Nous avons pourtant constaté que votre collègue, le Dr Roger Krueger, a défendu cette technologie haut et fort à plusieurs rencontres de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique : OSASTT 9 à Montréal (mars 2003), CdP 7 à Kuala Lumpur, en Malaisie (mars 2004), OSASTT 10 à Bangkok, en Thaïlande (février 2005), Groupe de travail sur l’article 8 (j) à Grenade, en Espagne (janvier 2006), ainsi qu’à la rencontre du Groupe spécial d’experts techniques chargé d’étudier les impacts potentiels des technologies génétiques restrictives sur les petits agriculteurs, les communautés autochtones et locales et les droits des agriculteurs. Le Dr Krueger est aussi l’un des auteurs du document publié par la Fédération internationale des semences sur les GURT en 2003, où l’on affirme que Terminator est « une technologie dotée d’avantages potentiels importants pour les agriculteurs du monde entier, indépendamment de leur taille ou leur situation économique. » Peut-on s’attendre à ce que Monsanto participe également aux discussions relatives à Terminator lors des rencontres de la CDB à Curitiba le mois prochain?
Espérant que vous me répondrez bientôt, je vous prie d’agréer mes sincères salutations.
Lucy Sharratt
Coordonnatrice, campagne Interdire Terminator
c. c. Hugh Grant, P.D.G., Monsanto
Judith Rodin, présidente, The Rockefeller Foundation
Gordon Conway, principal conseiller scientifique, ministère du Développement international du Royaume-Uni et ex-président, The Rockefeller Foundation.