Terminator – La suite

Juin 13, 2007

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Même si les États ont réitéré et renforcé le moratoire des Nations unies sur Terminator (les technologies de restriction génétique, ou GURT) en mars 2006, des chercheurs du public et du privé préparent une nouvelle génération de semences-suicide – des plantes GM (génétiquement modifiées) dont la fertilité peut être activée ou désactivée par des commutateurs chimiques

L’enjeu : Sous couvert de biosécurité, le projet triennal Transcontainer de l’Union européenne consacre des millions d’euros à des stratégies incapables de garantir le confinement absolu de transgènes des cultures GM, mais qui peuvent cependant agir comme Terminator et constituent donc un risque inacceptable pour les agriculteurs, la biodiversité et la souveraineté alimentaire. Conçue par l’industrie agrochimique et semencière et le gouvernement des É.-U., la technologie Terminator – la stérilisation génétique des semences – avait pour but de maximiser les profits de l’industrie en empêchant les agriculteurs de ressemer les graines récoltées. Des chercheurs développent maintenant de nouvelles techniques pour exciser les transgènes de plantes GM à un stade précis du développement de la plante, et des méthodes pour tuer la plante grâce à des gènes de létalité conditionnelle. Cette nouvelle génération de GURT refilera à l’agriculteur le fardeau du contrôle des traits. Les agriculteurs pourraient se voir forcés de payer chaque année le privilège de rétablir la fertilité des semences – une nouvelle forme de monopole permanent pour l’industrie des semences.

L’impact : Délibérément ou non, la nouvelle recherche sur le confinement moléculaire des transgènes aura pour effet d’affermir l’emprise des multinationales des semences sur le germoplasme exclusif et de limiter les droits des agriculteurs. L’industrie et certains États tentent déjà de renverser le moratoire actuel sur Terminator dans le cadre de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB). Dans les mois précédant la 9e rencontre des parties à la CDB (à Bonn, en Allemagne, du 19 au 30 mai 2008), l’industrie alléguera que le réchauffement planétaire exige l’introduction urgente de cultures et d’arbres transgéniques pour le biocombustible, prétextant que les technologies comme Terminator répondent au besoin de protéger l’environnement en stoppant le flux des transgènes. Comble d’ironie, on demande à la société de payer la note de la nouvelle techno-trouvaille qui servira à pallier la contamination génétique imputable aux failles des semences GM de l’industrie biotechnologique.

Les acteurs : Les fonds publics consacrés à la recherche sur le confinement biologique des cultures GM subventionnent les priorités de l’industrie. Une poignée de multinationales contrôle les semences biotech et le marché global des semences exclusives est de plus en plus concentré. En 2006, les quatre principales semencières – Monsanto, DuPont, Syngenta et le Groupe Limagrain – détenaient la moitié (49 %) du marché des semences exclusives.

Les politiques : Certains États cherchent obstinément le moyen de rendre les semences GM sûres et acceptables – en vain. Ils devraient y renoncer. La technologie Terminator ne sera jamais sûre ni acceptable, quelle qu’en soit la forme. L’UE doit cesser de financer la recherche sur la stérilité transgénique réversible et réévaluer le financement d’autres projets entrepris par Transcontainer. Plutôt que de subventionner la recherche sur la coexistence pour renflouer l’agrobiotech, l’UE doit appuyer la recherche sur l’agriculture durable dans l’intérêt des agriculteurs et de la population. Les États doivent proposer des lois pour interdire les essais en champ et la commercialisation des technologies Terminator. Les pays réunis à Bonn, en Allemagne, dans le cadre de la 9e Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique doivent renforcer le moratoire sur les GURT et recommander leur interdiction.