À moins de 48h des négociations, le vent semble tourner

À moins de deux jours des négociations sur les technologies de restriction de l’utilisation des ressources génétiques (TRURG), prévues à l’ordre du jour de la 8 e Conférence des Parties à la Convention de l’ONU sur la biodiversité (COP8) pour mercredi en matinée, plusieurs développements encourageants aujourd’hui :

Rappel : En janvier dernier, à Grenada (Espagne), la Nouvelle-Zélande a proposé le principe de l’« évaluation des risques au cas par cas » des TRURG (anecdote : un représentant des États-Unis, non Partie à la CBD, était à ses côtés et lui soufflait ses instructions à l’oreille…). En apparence inoffensif, ce langage ouvre en fait la porte aux essais en champs, et met donc fin, à toute fins pratiques, au moratoire de facto sur les TRURG.

Hier encore, les perspectives d’empêcher que ce langage soit adopté était plutôt sombres, quelques pays étant fermement résolus à l’imposer. Or il semble que la partie ne soit pas perdue.

Dans son discours d’ouverture ce matin, le gouverneur du Paraná, Roberto Requião, a abordé la question de Terminator et condamné ouvertement toute tentative de saboter le moratoire.  Plusieurs représentants autochtones ont par la suite pris le micro et condamné Terminator en termes très forts, soulignant la menace qu’il pose pour la biodiversité, les savoirs traditionnels autochtones, les petits agriculteurs et la sécurité alimentaire mondiale.

De l’autre côté de l’océan, le Parlement européen a massivement (419-1-5) voté une résolution dont le texte est sans équivoque. Celle-ci réclame que 1) soit écarté toute proposition visant à compromettre le moratoire sur les essais sur le terrain et l'exploitation des technologies Terminator et 2) que l'UE défende vigoureusement l'interdiction de toute culture en plein air impliquant des technologies de réduction de l'utilisation des ressources génétiques tant que des recherches approfondies sur les conséquences écologiques et socio-économiques et sur tout effet néfaste sur la biodiversité, la sécurité alimentaire et la santé humaine aient été menées d'une manière transparente.

Au Canada, le Bloc Québécois a aussi réclamé par voie de communiqué de presse que le gouvernement canadien prenne position en faveur du maintien du moratoire de facto sur Terminator. Finalement, en soirée, un forum public « Terminator au banc des accusés », tenu à Ottawa en présence de la scientifique indienne Vandana Shiva et de l’agriculteur canadien Percy Schmeiser, a attiré plus de mille personnes.

Les délégations canadienne, nouvelle zélandaise et australienne sont, à juste titre, nerveuses. À suivre...

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