Monsanto présente ses excuses et revient à son « engagement » initial

Mars 2, 2006

Dans un communiqué de presse en date du 21 février, la Campagne Interdire Terminator révélait que Monsanto était revenu sur son engagement public, pris en 1999, de ne pas commercialiser la technologie Terminator. Son nouvel engagement laisse entendre que Monsanto pourrait utiliser les semences Terminator dans des cultures non alimentaires et n’exclut pas d’autres utilisations à l’avenir. La directrice des politiques publiques de Monsanto a depuis présenté une lettre d’excuses à la Campagne Interdire Terminator, où elle affirme que cela ne signifiait pas vraiment que Monsanto envisageait d’utiliser Terminator dans les cultures non alimentaires. Monsanto modifiera de nouveau son engagement pour retirer cette suggestion. Cliquez ici pour lire l’« engagement » de Monsanto sur Terminator.

Une erreur de Monsanto? Le Groupe ETC croit que le texte modifié de Monsanto n’était pas une erreur ou un accident. Quand Hope Shand, du Groupe ETC, a parlé à Roger Krueger, porte-parole de Monsanto, en janvier, ce dernier a laissé entendre que la position de Monsanto était de ne pas utiliser Terminator dans les cultures alimentaires.

À la suite d’une série d’échanges entre la Campagne Interdire Terminator et Monsanto, la compagnie est officiellement revenue à son engagement initial de ne pas développer ou utiliser « des méthodes d’ingénierie génétique qui produisent des semences stériles. Point. » L’engagement de la compagnie n’exclut toutefois pas le développement futur de la technologie et permet encore à la compagnie de modifier sa position en tout temps.

Pendant ce temps, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada essaient de mettre fin au moratoire de l’ONU sur Terminator, et Delta & Pine Land continue de développer cette technologie dans des serres aux États-Unis. Si ces gouvernements réussissent à renverser le moratoire, on peut s’attendre à ce que Monsanto modifie son engagement et autorise l’utilisation de Terminator pour ses semences.

Le 27 février 2006
Courriel de Diane Herndon, Directrice, Politiques publiques, Monsanto,
à Lucy Sharratt, Campagne Interdire Terminator

Objet : FW : Demandes d’éclaircissements de la part de Monsanto.

Chère Mme Sharratt,

Nous nous excusons pour toute confusion causée par l’ajout des mots « dans les cultures alimentaires » dans la discussion des Technologies de restriction de l’utilisation des ressources génétiques (TRURG) dans notre dernier Pledge Report. Nous réitérons notre engagement de ne pas utiliser les méthodes d’ingénierie génétique qui produisent des semences stériles. Point. L’objectif de l’article était de distinguer entre la technologie « terminator » -- qui, comme vous le savez, est un type de TRURG –et d’autres TRURG qui peuvent utiliser des moyens biologiques de remplir d’importants mandats d’intendance et d’affaires – comme par exemple le type qui désactiverait l’expression d’un trait biotechnologique à la prochaine génération de semences sans affecter les autres caractéristiques de la semence et en conservant la semence viable pour les générations ultérieures (en particulier, le TRURG affectant les caractères, comme vous le soulignez). Le Pledge Report 2005 apparaît actuellement en format PDF du livret imprimé, mais nous sommes en train de retravailler notre site Web et serons donc en mesure de retirer le langage qui prête à confusion.

Merci d’avoir attiré notre attention sur cette question. Veuillez réitérer nos engagements dans vos réseaux.

Sincèrement,
Diane Herndon
Directrice, Politiques publiques
Monsanto

c.c. Hugh Grant, PDG, Monsanto. Judith Rodin, Présidente, The Rockefeller Foundation. Gordon Conway, principal conseiller scientifique, ministère du Développement international du Royaume-Uni et ex-président, The Rockefeller Foundation

Le 24 février 2006
Lettre de Lucy Sharratt, Campagne Interdire Terminator, à Tony Combes, Directeur des affaires de la société Monsanto au Royaume-Uni

Cher M. Combes,

Je vous remercie pour votre courriel reçu plus tôt cet après-midi (vendredi 24 février). Votre réponse est utile mais révèle une contradiction avec le 2005 Pledge de Monsanto affiché sur le site Web de la compagnie. La déclaration sur le site Web affirme clairement que la compagnie « s’est engagée à ne pas commercialiser les technologies de stérilisation des semences dans les cultures alimentaires » - ce qui ne répond pas à la préoccupation que Monsanto puisse utiliser Terminator dans les cultures non alimentaires. D’autre part, votre courriel affirme clairement que Monsanto n’utilisera Terminator dans aucune de ses cultures agricoles. Ces énoncés ne sont pas identiques. Lequel est correct? Si votre courriel est correct – c’est-à-dire que Monsanto n’utilisera Terminator dans aucune de ses cultures agricoles - je suppose que vous rectifierez le langage trompeur sur le site Web en retirant la restriction aux cultures alimentaires.

Je reconnais également la distinction que vous faites dans votre courriel entre Terminator (TRURG affectant les variétés dans le langage de la Convention de l’ONU sur la diversité biologique) et les TRURG affectant les caractères, ou contrôle des « caractères ». En relisant les contributions de M. Krueger aux discussions de la CDB, y compris des conversations qu’il a eues avec Hope Shand du Groupe ETC, je constate que cette distinction n’a pas toujours été claire. Il serait utile, pour plus de clarté, que Monsanto évite d’utiliser le terme générique « TRURG » lorsqu’il est question exclusivement de TRURG affectant les variétés ou de TRURG affectant les caractères.

Ferez-vous les changements nécessaires sur votre site Web ou avons-nous mal compris votre courriel?

Sincèrement,
Lucy Sharratt,
Coordonnatrice,
Campagne Interdire Terminator

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